La Sainte-Baume : étymologie

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Grotte de Ste Marie Madeleine (Réserve biologique dirigée Sainte Baume)

Habitant Saint-Maximin la Sainte-Baume, je ne pouvais passer sous silence ce mot issu du vieux français : Baume*

* Du celtique “balma” (comme en bas-latin et en gaulois) qui veut dire “caverne, grotte, abri sous roche”. En latin classique : “balmensis” ; en provençal :“baumo” ; en patois romand : “bauma”

Photo Bertrand Donadille, avril 2017

Le massif de la Sainte-Baume tire son nom du fait que Sainte Marie-Madeleine (Sainte Patronne de la Provence), une des disciples du Christ, aurait occupé une de ses grottes lors des 30 dernières années de sa vie, après son accostage aux Saintes-Maries-de-la-Mer en Camargue et son évangélisation de la région marseillaise.

On retrouve ce terme dans de nombreux lieux, sous différentes formes: “baume”, “beaume”, “baulme” (le “l” ne se prononce pas) ou “beaulme”, surtout en France et en Suisse romande, et “bôme” ou “bôm” en Wallonie (Peu usité. A ne pas confondre avec la bôme d’un voilier).

  • Pour des communes :

Baume-les-Messieurs (Jura, Franche-Comté)

– Baume-les-Dames (Doubs, Franche-Comté)

– Beaumes-de-Venise (Vaucluse, Provence)

– La Beaume (Hautes-Alpes, Dauphiné)

– Baulme-la-Roche (Côte-d’Or, Bourgogne)

– Baulmes (Canton de Vaud, Suisse)

  • Pour des lieux-dits :

– le Château de La Baume (Prinsuéjols, Lozère, Aubrac, Languedoc)

– la Sainte-Baume (près de Lirac, Gard, Languedoc)

– Aiguilles de Beaulmes (Massif du Jura suisse, Canton de Vaud)

  • Par dérivation, on obtient les formes suivantes :

– “balme” (la Balme d’Auris dans le Massif de l’Oisan, Isère, Dauphiné)

– “balma »  (la ville de Balma, banlieue de Toulouse, Haute-Garonne, Languedoc)

– « balmaz” (la Grande Balmaz, sommet de la Chaine des Aravis en Haute-Savoie)

– “baumaz” (La Baumaz, ou La Baume, hameau près d’Yverdon, canton de Vaud, Suisse)

A toutes ces variétés, il faut ajouter celles qui sont formées :

  • Avec des suffixes:
    – Les diminutifs (petite grotte):“baumette, baumettaz, baumine, balmette, balmotte”.
    – Avec un suffixe collectif (lieu avec des grottes): “balmay, balmey”.
  • Avec syncope (chute d’un ou plusieurs phonèmes ou syllabes à l’intérieur d’un mot): “bama, bâme, bâmatte”, ce dernier étant un diminutif.
  • Par rhotacisme (phénomène phonétique consistant à transformer le son [l] en [r].): “barme, barmus, barma, barmaz, barmasse, barmeché, barmay, barmé, barmette”.
  • Dérivé de barmaz par assimilation de rm en mm : “bammaz”. On trouve aussi la forme “barmant” qui viendrait de la même origine, bien que l’on n’en soit pas sûr.
  • Enfin, par agglutination de l’article défini la et du toponyme balme, à la suite d’une erreur de compréhension, on obtient “labalme”.

Il ne faut pas confondre, par contre, tous ces mots qui ont “balma” pour origine, avec le “baume” ou “bausme”, du grec “balsamon” (“balsamum” en latin), qui est une préparation à base de plantes pour le corps.

Voilà. J’espère avoir été aussi exhaustif que possible, sans pour autant être ennuyeux.

Merci de votre intérêt.

Précédemment : La neige s’invite sur la forêt sacrée de la Sainte-Baume

A suivre : Neige printanière sur la Sainte-Baume

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