Viêt Nam entre communisme et capitalisme (Chapitre 1)

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Palais de la Réunification (Dinh Độc Lập)
Bến Thành, Hô Chi Minh-Ville (Saïgon)

Le Vietnam est un pays de contrastes, tant au niveau géographique, que culturel, économique, politique ou social. Ce qui ne l’a pas empêché de survivre aux différents envahisseurs qui ont tenté de le conquérir au fil des siècles : Chinois, Japonais, Français ou Américains.

Photo Nathalie Donadille, février 2012

Un pays et une culture

Vivant pendant plus d’un millénaire dans une province de l’Empire chinois, les Vietnamiens n’ont eu de cesse de lutter pour leur indépendance. Ils vont l’obtenir en 939 après la victoire*, sur une flotte des Han** du sud (Nan Han), du général Ngô Quyen qui se proclame alors roi du Dai Viêt*** sous le nom de Ngo Vuong (fondateur de la Dynastie Ngô).

* Lors d’une bataille navale en 938, dans l’estuaire de Bach Dang (Bach Dang Giang), fleuve du Delta du fleuve Rouge qui se jette dans la Baie de Ha Long (Patrimoine mondial de l’Unesco) dans le Golfe du Tonkin, en Mer de Chine méridionale. Le cours d’eau marque la limite entre les provinces de Hai Phong (au sud) et Quang Ninh (au nord).

** Ethnie majoritaire en Chine

*** Le Dai Viêt deviendra le Dai Cô Viêt en 968 lors de l’arrivée au pouvoir de Dinh Tiên hoàng, fondateur de la dynastie Dinh.

La fondation de Hanoï en 1010, au bord du Fleuve Rouge, par le Roi Ly Thai To (Dynastie Ly postérieurs), dont la célébration du millénaire a été fêtée avec faste, marque un tournant dans la fondation d’un royaume vietnamien. Elle est l’expression de la prédominance d’un peuple sur son territoire.

De même, la capitale impériale (1802-1945), Hué, symbolise la réunification du pays par l’empereur Gia Long (Nguyên Anh, Dynastie Nguyên). Ses nombreux monuments historiques sont, du reste, classés par l’Unesco (Ensemble de monuments de Hué).

Enfin, la victoire des communistes en 1954 sur les Français, puis sur les Américains en 1975, est la dernière étape de cette quête d’identité d’une nation.

Et c’est certainement encore aujourd’hui ce qui cimente la relation entre les dirigeants et le peuple et permet au régime de se maintenir en place.

Mais pendant combien de temps encore le souvenir de Hô Chi Minh, “celui qui éclaire” en vietnamien, de son vrai nom, Nguyễn Sinh Cung, fondateur et premier président de la République démocratique du Vietnam* suffira-t-il à préserver ce statu quo ?

* A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, l’Indochine française (depuis 1887) est libérée de l’occupation japonaise. En 1945, la Révolution d’Août menée par le Việt Minh (Front de l’indépendance du Viêt Nam, initié en 1941 par le Parti communiste Indochinois pour lutter contre l’impérialisme français et japonais) donne naissance à la République démocratique du Vietnam. et va entrainer la Guerre d’Indochine à partir de décembre 1946.

La France proclame en 1949 l’Etat du Vietnam avec à sa tête l’ancien et dernier Empereur Bao Dai, qui deviendra après la Bataille de Diên Biên Phu et les Accords de Genève de 1954, la République du Vietnam (1955-1975) au sud du 17e parallèle.

En 1963 débute la Guerre du Vietnam : l’Armée Populaire Vietnamienne (Nord-Vietnam), soutenu par la Chine et le Bloc de l’Est, ainsi que par le Front national de libération du Sud Viêt Nam (le Việt Cộng) affronte pendant 8 ans l’Armée de la république du Vietnam (Sud Vietnam) et ses alliés américains, surtout, mais aussi sud-coréens, australiens et néo-zélandais.

La fin de la guerre est marquée par la victoire du Nord-Vietnam, avec la Chute de Saïgon en avril 1975. Le pays est enfin réunifié, l’année suivante, sous le nom de République Socialiste du Vietnam qui existe encore aujourd’hui.

Développement économique

Le ton est donné dès l’arrivée sur le sol vietnamien : les immenses portraits du héros, libérateur et réunificateur du pays, Hô Chi Minh, sont présents partout. La pensée unique est toujours en vigueur, c’est sûr!

Les propos du guide sont eux-aussi de la même veine : grâce à l’état et son parti unique, ainsi qu’à son dirigeant fondateur, le niveau de vie des Vietnamiens s’est grandement amélioré et la pauvreté a presque disparu.

Pour preuve, les habitations en dur au pied des rizières dans les districts périurbains de Hanoï, la capitale politique, et dans lesquelles vivent maintenant les paysans.

Pour preuve également les millions de scooters et autres motos qui circulent dans les rues à la place des vélos d’antan.

Mais que se cache-t-il vraiment derrière ce discours officiel ?

Effectivement, si l’on se réfère au mode de vie des habitants rencontrés dans la rue, il ne diffère pas grandement de ce que l’on peut voir dans nos pays développés : jeans, vêtements à la mode, téléphones portables…

Sauf que ce n’est pas dû à la pensée communiste, mais bien à l’économie de marché qui a été autorisée par le pouvoir pour aider au développement de l’ancienne colonie française.

Alors, c’est vrai, il y a du mieux pour le peuple, mais cela reste uniquement au niveau socio-économique. Car, en ce qui concerne la liberté d’expression, il y a encore beaucoup à faire !

Précédemment : Chùa Cầu, à Hội An, au Viêt Nam

A suivre : Viêt Nam entre communisme et capitalisme (Chapitre 2)

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