
(Quartier de Bến Nghé, 1er arrondissement)
Photo Donadille février 2012
Une population sous tutelle
Autant le Vietnamien est autorisé à s’enrichir – et à enrichir l’état par le biais des taxes prélevées sur les produits de luxe comme l’automobile (100 à 200% suivant qu’elle a été fabriquée dans le pays ou à l’étranger) – autant il n’est pas autorisé à donner son avis sur les décisions importantes ou non concernant sa vie quotidienne.
Le parti a par exemple décidé que toutes les jonques de la Baie de Ha Long devaient être repeintes en blanc. Point à la ligne!
Et cette pesanteur politique se ressent même quand on voyage dans le pays. Il est impossible par exemple de louer une voiture sans chauffeur – notre permis de conduire ne serait pas au niveau du permis vietnamien, ce dont on pourrait douter en observant leur manière très particulière de circuler qui nous ferait presque croire qu’il n’existe pas de code de la route – et dans la plupart des sites touristiques, la présence d’un guide est omniprésente, même s’il est vrai qu’elle n’est pas obligatoire.
Des disparités géographiques
Il faut également nuancer le degré de développement économique en fonction de la situation géographique. Le nord du pays et les hauts plateaux du centre sont en effet plus en retard que le sud ou les zones côtières, notamment dans les régions montagneuses où vivent ceux que l’on appelle “les minorités ethniques”.
Ces dernières vivent encore de façon coutumière, à l’écart du monde moderne et seuls ceux qui se sont lancés dans des activités touristiques, comme l’accueil en chambre chez l’habitant, commencent à sortir de leur isolement.
D’autre part, de riches vietnamiens originaires du Tonkin (nord du pays) viennent investir dans la capitale économique qu’est Hô Chi Minh-Ville – appellation d’ailleurs exclusivement administrative, les habitants préférant le nom de l’ancienne Saïgon – au détriment de leur région d’origine.
Le tourisme, manne financière exceptionnelle mais destructrice
Le développement du tourisme, encouragé par le parti, est d’ailleurs exponentiel.
Les hôtels sortent de terre par dizaines voire par centaines. Sur la Côte centrale du Sud, en Mer de Chine méridionale, par exemple, sur le littoral du District de Ngũ Hành Sơn à Đà Nẵng, de Điện Bàn et de Hoï An, dans la Province de Quảng Nam, les cinq étoiles rivalisent d’extravagance, à tel point que l’on se croirait à Las Vegas.
On peut se demander comment leurs propriétaires arriveront à les remplir tellement le nombre de chambres est démesuré par rapport aux nombre de touristes. Seul l’avenir le dira.
Par contre, ce que le présent nous montre, c’est que les pêcheurs qui ont été expropriés et dont les villages au bord de la mer ont été détruits, soit disant pour des raisons de sécurité liées au typhons qui ravagent souvent la région, ces pêcheurs, donc, vivent maintenant dans des immeubles en dur mais déjà en piteux états. Quel avenir se dessine pour eux ?
Précédemment : Viêt Nam entre communisme et capitalisme (Chapitre 1)
A suivre : Viêt Nam entre communisme et capitalisme (Chapitre 3)