
Musée de la sculpture Cham (Hải Châu, Đà Nẵng)
Photo Nathalie Donadille, février 2012
Un pays à deux vitesses
Les investissements financiers extérieurs, notamment sud-coréens, chinois ou japonais, se concentrent dans certaines zones comme la ville de Da Nang, troisième agglomération et port du Vietnam. Les immeubles y poussent comme des champignons, le port accueille de plus en plus de bateaux de croisière dont les passagers viennent profiter des belles plages du coin ce qui entraine une certaine prospérité pour la population locale.
Mais ces investissements ne profitent pas à tout le monde. Comme pour la Chine, ils vont créer des disparités énormes entre ville et campagne. Et malheureusement, le Vietnamien de la rue n’a pour l’instant aucune prise sur les décisions concernant son avenir.
A qui profite le crime ? Au parti communiste bien sûr !
Et comme me le disait un de mes interlocuteurs sur place, ici, c’est comme en Chine et en Russie, nous vivons dans une dictature !
La religion, opium du peuple
Mais les dirigeants du pays sont malins. En effet, outre le libéralisme économique, la liberté religieuse a été rétablie. A condition toutefois de ne pas critiquer le régime.
Cela a permis à la fois de faire rentrer des devises grâce au retour d’expatriés ou du moins de leurs descendants, notamment catholiques, qui étaient partis avec les Français ou les Américains et qui sont revenus investir dans leur communauté d’origine, et construirent des églises.
Cela a permis aussi de maintenir une certaine stabilité au niveau social et d’éviter d’éventuels débordements qui pourraient menacer le pouvoir.
Car la religion est omniprésente dans les rapports sociaux. Et un certain syncrétisme religieux s’est établi au fil des siècles entre les principales croyances – chacune d’entre elles possédant une touche d’animisme – qui cohabitent au sein de la société vietnamienne,
Cela a permis d’établir une certaine harmonie entre les différentes ethnies qui ont composé ou composent encore le peuple vietnamien, ce dont a bénéficié le régime communiste pour réaliser la réunification du pays.
Ce syncrétisme se retrouve dans la religion du peuple Cham. D’origine hindouiste lors de la création du royaume de Champa au IIéme siècle, ses descendants qui ont régné jusqu’au XVIIème dans le centre du Vietnam sont aujourd’hui en partie musulmans. Mais le mélange des dieux qu’ils vénérèrent se retrouvent dans les sculptures qu’ils ont laissées et que l’on peut admirer au musée Cham de Da Nang, sur les rives du fleuve Han (Sông Hàn).
Précédemment : Viêt Nam entre communisme et capitalisme (Chapitre 2)
A suivre : Viêt Nam entre communisme et capitalisme (Chapitre 4)