
Une autre vallée, praticable uniquement à pied, mérite également une excursion pour ses attraits historiques et naturels : la Vallée de la Fautaua avec son marae, son fort, sa cascade et sa formidable végétation tropicale.
Photos Nathalie Donadille, avril 2011
On y accède depuis Papeete, mais une autorisation préalable payante doit être demandée à la mairie.
La Vallée de la Fautaua*, du nom du fleuve qui l’arrose et approvisionne la ville, est aussi connue à travers l’officier de marine et romancier, Pierre Loti qui venait s’y promener et s’y baigner lors des deux séjours qu’il a fait à Tahiti, en 1872.
Dans son roman, Le Mariage de Loti (1880), publié d’abord en 1879 sous le titre de Rarahu : idylle polynésienne, le marin écrivain s’est inspiré de personnages rencontrés dans ce site magnifique.
* Le fleuve Fautaua se jette dans le Pacifique à Taunoa (District traditionnel de Papeete) au niveau de la Passe de Taunoa.

La première partie de la randonnée qui longe le cours d’eau est plate et ombragée et ne présente pas de difficultés. On peut éventuellement faire une halte au marae de la vallée avant de rejoindre le Pont Fachoda, autrement nommé Pont Tearapa, au bout d’une heure de marche.

De là, deux options se présentent :
– soit on prend le chemin de droite et on rejoint le bas de la cascade de la Fautaua (ou, cascade Loti);
– soit – ce que nous avons fait – on franchit le pont, à gauche, pour monter pendant 45 minutes, par un chemin escarpé, jusqu’à un belvédère qui permet d’avoir une vue splendide sur la chute d’eau vertigineuse qui tombe du haut de ses 135 mètres (classée à la 28ème place sur la liste des 50 chutes les plus hautes du monde).


Au-delà, la grimpette se poursuit pendant un quart d’heure pour aboutir, sur une proéminence, aux ruines du Fort de la Fachoda.
C’est sur ce lieu qu’en 1846, lors de la Guerre franco-tahitienne (1844-1846), sous le Protectorat français (1842-1880), des rebelles tahitiens, qui s’y étaient réfugiés, ont été défaits par l’amiral français Bruat et ses soldats.
Par la suite, le fort a été construit en 1898 pour servir de refuge en cas de conflit entre la France et l’Angleterre (Tahiti était alors devenu une colonie française et faisait partie des Etablissements français de l’Océanie (EFO, 1881-1957).
On arrive ensuite à la partie la plus spectaculaire de notre randonnée. Car la météo est imprévisible dans ces contrées montagneuses et il y pleut souvent.
On a dû, ce jour-là, se réfugier sous un énorme rocher formant une cavité pour se protéger du déluge. Peine perdu ! Et c’est trempés que l’on est redescendu vers la rivière, par une pente si raide et glissante que des cordes ont été attachées aux arbres pour que l’on s’y accroche.

On atteint alors le Bain de la reine, en l’honneur de la reine Pomare Vahine IV ou Pomare IV (ʻAimata Pōmare IV Vahine-o-Punuateraʻitua en tahitien) qui venait s’y baigner au XIXème siècle.
Ce sont des vasques creusées dans les orgues basaltiques, d’origine volcanique, et reliées entre elles par des toboggans polis par l’eau.


La dernière vasque donne directement sur la cascade et il est dangereux de s’approcher du bord.

Le retour à la civilisation s’est effectué dans la douleur après une journée passée dans le moiteur exténuante de la jungle tropicale !
A suivre… Les archipels
Précédemment : Vallée de la Papenoo, Tahiti