
La Fleur de Tiare
Premier de ces trésors et véritable emblème de la Polynésie française – elle est largement utilisée dans le design et la publicité – elle provient du Tiare Tahiti (Tiare signifie fleur en Tahitien).
Ce petit arbuste, cultivé particulièrement à Moorea, peut atteindre 4 mètres de haut. Il donne, la plupart du temps, des fleurs blanches, ou parfois jaunes, à la forte odeur de Jasmin. Il ne faut pas les confondre avec les fleurs du Frangipanier.
On l’emploie en cosmétique, où elle sert à la fabrication du Monoï* par macération des pétales des fleurs fraîches dans l’huile de coprah (chair séchée de la Noix de Coco, le fruit du cocotier).
Elle possède également de nombreuses vertus médicinales.
Mais elle est surtout utilisée par les polynésiens comme cadeau de bienvenue ou comme ornement. On la trouve partout dans les colliers ou les couronnes de fleurs, mais aussi derrière l’oreille. Les vahine la porte épanouie et les tane (homme en tahitien), uniquement en bouton. Cette coutume répond à un code particulier :
– Fleur placée à l’oreille droite : vous êtes célibataire, libre ;
– Fleur placée à l’oreille gauche, du côté du coeur : vous êtes marié, fiancé ou pris ;
– Fleurs sur les deux oreilles, vers l’avant : vous êtes marié mais encore disponible ;
– Fleurs portées vers l’arrière : vous êtes disponible immédiatement.
* Mono’i en tahitien (ou reo tahiti, parlé dans l’Archipel de la Société), manogi en paumotu (pa’umotu ou reo pa’umotu, langue parlée aux Tuamotu) et Pani en marquisien [reo nu’uhiva ou reo’enana (’enata)].
L’ensemble de ces langues parlées en Polynésie française auxquelles il faut ajouter la langue des Australes ou reo tuha’a pae (nom générique donné aux idiomes parlés dans les Iles Australes) et le mangarévien ou reo ma’areva (Iles Gambier) sont désignées sous le terme de reo maohi. Il faut leur rattacher également l’hawaïen, le maori (Nouvelle-Zélande), le maori des Iles Cook et le rapanui (Ile de Pâques).
Ces langues polynésiennes sont des langues océaniennes de la famille des langues austronésiennes.
La fleur et la gousse de la Vanilla Tahitensis

Le vanillier de l’espèce Vanilla Tahitensis est le second trésor polynésien : il donne la vanille de Tahiti et ne doit pas être confondu avec Vanilla planifolia, cultivée dans l’Océan Indien, notamment à la Réunion, et qui produit la vanille Bourbon.
Originaire du Mexique, la fleur de cette orchidée ne peut être pollinisée que par une abeille endémique du pays des Aztèques. Ailleurs sur la planète, où elle a été introduite, c’est l’homme qui doit se charger de ce travail méticuleux afin d’obtenir le précieux fruit qu’est la gousse et qui sera transformée en une épice extraordinaire..
On trouve la vanille cultivée ou à l’état sauvage dans de nombreuses îles. Mais celle que l’on surnomme l’île vanille, c’est Taha’a.
Elle ne dispose pas d’aéroport, mais sa proximité avec Raiatea – elles partagent le même lagon – résout ce problème, tout en préservant sa tranquillité propice aux mariages floraux des prémices du jour.
C’est sur cette île que le regretté Jo Dassin avait acheté un terrain au bord de l’eau. Il est malheureusement décédé avant de profiter de ce jardin d’Eden, en 1980, lors d’un repas au premier étage du restaurant Chez Michel et Eliane, sur le front de mer de Papeete. C’est devenu aujourd’hui le restaurant-bar Le Rétro. On peut y voir une plaque commémorative de ce triste événement.
Le fruit de la Pinctada Margaritifera

Le troisième de ces trésors d’outre-mer, c’est la perle noire de Polynésie qui représente la seconde ressource économique du pays après le tourisme.
Elle est appelée souvent, abusivement, Perle noire de Tahiti.
D’abord, parce qu’elle est cultivée dans des fermes perlières situées, pour la plupart, dans les sublimes lagons des Tuamotu ou des Gambier, si l’on fait exception de celles de Raiatea et Taha’a dans les îles sous le vent de l’Archipel de la Société. Il n’y a donc aucune ferme sur Tahiti, ni sur Bora Bora où apparut, pourtant, la première exploitation dans les années soixante.
Ensuite, parce que la perle n’est jamais complètement noire ou très rarement. Les Polynésiens parlent d’ailleurs de poe rava : perle foncée. Elle prend les couleurs qui se trouvent sur la bordure des nacres de l’huître dans laquelle elle se développe (la Pinctada margaritifera). Les nuances obtenues présentent une grande variété : de presque noir à gris, blanc nacré, avec des reflets vert, argent, rose, pourpre, cuivre, bronze, aubergine… Une palette non exhaustive qui fait saliver nos yeux de larmes lorsqu’ils se posent sur ces merveilles de la nature.
Aussi, il ne faut surtout pas oublier d’aller visiter le musée du magnat de la perle, Robert Wan, à Papeete.

Photo Nathalie Donadille, mai 2010
A suivre : Mer, sexe, soleil… pluie, religion, politique et pauvreté
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