Voyage en Polynésie française : mer, sexe, soleil… pluie, religion, politique et pauvreté

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Passage du cyclone Oli, Pointe Vénus, Tahiti
Photo Nathalie Donadille, février 2010

Pour la plupart des gens, la Polynésie c’est le paradis. Voilà pour le côté pile. Mais il existe aussi le côté face : ce que les brochures ne disent ou ne montrent pas.

Pile et face, les jeux sont déjà faits

Tout d’abord, une précision s’impose : Tahiti qui n’est que l’île principale de la Polynésie française, est la seule où la civilisation a réussi à s’imposer de manière ostentatoire. Et comme le progrès n’arrive jamais tout seul, il a été accompagné de son cortège de nuisances plus ou moins inévitables.

Mer, sexe et soleil

Côté carte postale, il y a bien sûr la mer, les jolies vahine alanguies au bord du lagon sous le soleil du Pacifique. Images qui sont propices aux désirs les plus fous.
Mais à y regarder de plus près, si l’on ne se contente pas de passer seulement quelques jours de vacances bien mérités loin de la métropole, on s’aperçoit que ce n’est pas toujours le paradis annoncé.

Saison des pluies

Le soleil n’est en effet pas présent constamment.
Si vous en avez le choix, ne prévoyez pas votre voyage à la saison des pluies, d’octobre à avril. Même si le billet d’avion peut être beaucoup plus intéressant que lors de l’hiver austral (l’été en France), vous risqueriez de le regretter.

Subir des jours entiers un ciel bas et des précipitations diluviennes n’a rien d’une sinécure. L’humidité ambiante imprègne alors tout votre corps, sans parler des attaques de moustiques qui, non contents de vous décorer de boutons urticants, risquent aussi de vous inoculer la dengue ou toute autre infection.

Une religion envahissante

Dans un autre domaine, l’omniprésence des diverses églises qui ont tissé leur toile depuis l’arrivée des Européens a également un impact sur la façon de vivre des Polynésiens.

Ainsi, on assiste à des comportements sexuels qui entraînent des situations dramatiques. Et comme une grande partie des jeunes ne peut avoir de rapport sexuel avant le mariage et que la contraception n’est pas complètement entrée dans les moeurs, beaucoup de couples s’unissent tôt et ont plusieurs enfants très rapidement. Et, souvent, les relations dans le couple ne sont pas stables.

Une pauvreté grandissante

Ces difficultés sont aggravées par une situation économique défaillante, génératrice d’inégalités criantes.
Lorsque votre avion atterrit sur l’aéroport de Tahiti à Faa’a, sachez que vous êtes à quelques centaines de mètres du plus grand bidonville de l’île.
L’enfer au paradis en quelque sorte.
C’est tout le paradoxe du pays.

L’avenir incertain des archipels français du Pacifique

Le territoire a été confronté dans les années 2000 à une grave crise économique, même si cela s’améliore un peu depuis 2015, et politique, et nul ne peut dire de quoi l’avenir sera fait.

Peut-être repose-t-il sur les épaules de sa jeunesse ? Les moins de 25 ans représentent, en effet, près de la moitié de la population.

Restera-t-il dans le giron de la France avec plus ou moins d’autonomie ? Tendra-t-il vers l’indépendance avec tous les risques que cela comporte, en sachant que son budget de fonctionnement actuel dépend à 80 % de la générosité de la métropole ?

La seule certitude, pour le moment, c’est le souhait des Iles Marquises de devenir un département, à l’instar de Mayotte. C’est d’ailleurs la première subdivision administrative de Polynésie à avoir adopté le statut métropolitain de Communauté de communes.

Quoi qu’il arrive, tous ceux qui connaissent ce pays ne peuvent que désirer qu’il vive en paix, au bord de l’océan, sous le soleil et les cocotiers, avec ses vahine aux sourires fleuris et ses tane aux corps sculptés et tatoués.

Gauguin et Brel à Hiva Oa aux Marquises, Marlon Brando sur son île de Tetiaroa, seul atoll, d’ailleurs, de l’Archipel de la Société, Paul-Emile Victor sur son motu de Bora-Bora, ne s’y sont pas trompés.

C’est un endroit où il fait bon vivre et où le temps ne compte pas.

Mauruuru, nana i araua’e.

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