
Le Centre Culturel Tjibaou (CCT) a été réalisé suivant les plans de l’architecte italien Renzo Piano* et édifié entre 1995 et 1998, sur la Péninsule de Tina, au bord de la Baie de Magenta, en périphérie de la ville de Nouméa (Grande Terre, Nouvelle-Calédonie).
* On lui doit également la réalisation du “Centre Pompidou” avec Richard Rogers.
Photos Nathalie Donadille, décembre 2009
Le centre est géré par l’Agence de Développement de la Culture Kanak (ADCK) qui est chargé de la promouvoir et dont la création était prévue dans les Accords de Matignon de 1988, au même titre que le référendum qui vient d’avoir lieu.
Le Ngan Jila (”centre culturel” en langue pije*) porte le nom de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989), le chef kanak de la délégation indépendantiste du FLNKS qui les a signés.
Ce dernier est mort à Ouvéa, assassiné par un militant indépendantiste opposé à ces accords. C’est un de ses fils, Emmanuel, qui est aujourd’hui le directeur de l’ADCK.
* Langue parlée par Jean-Marie Tjibaou, originaire de Hienghène, sur la côte nord-est de la Grande Terre.
Renzo Piano s’est inspiré des grandes cases, également maisons communes, caractéristiques de l’architecture traditionnelle kanak pour construire ces pavillons de 20 à 28 mètres de hauteur reliés entre eux par une galerie pour former le bâtiment principal qui abrite des salles d’exposition.
Ils sont en forme de demi-cases qui semblent inachevés pour rappeler que cette culture est en constante évolution.
De nombreuses oeuvres d’artistes kanaks, ou plus généralement d’Océanie, sont exposées.
A l’entrée du centre, on est accueilli par le Géant d’Olal (2008), une grande sculpture de Johanin Bangdor, originaire du Vanuatu (Mélanésie), qui représente le personnage principal masculin de La légende du géant d’Olal.

D’autres productions artistiques sont de facture plus contemporaine comme cette vache réalisée avec des boites de conserve par le néo-zélandais Michel Tuffery intitulée Pi Supo IV (Corned Beef) 1997.

A l’extérieur, serpentant au milieu de cinq jardins, le Chemin Kanak raconte le mythe kanak des origines qui retrace la création et la vie en cinq étapes du premier homme, Téâ Kanaké.
Le long de la balade, on rencontre l’OMFEU de l’artiste sculpteur de Nouméa François Uzan.

Dans l’aire coutumière “Mwâ Kââ” (”espace de la chefferie” en langue drubea, parlée à Nouméa) a été reconstituée la grande case des terres du sud (Province sud). C’est la maison du chef.

La flèche faîtière est considérée comme l’un des attributs de la chefferie.

Au milieu de la case, se dresse le rhéa (pilier central) en bois qui abrite les ancêtres.

Des totems sont présents à l’intérieur et à l’extérieur.


Sur le même lieu, on peut également voir la grande case des Iles Loyauté qui est toute recouverte de paille et la grande case du nord de la Grande Terre, (Province nord) – Ci-dessous.

Le Centre Culturel Tjibaou est une étape essentielle à ne pas manquer lors de la visite de ce territoire français des antipodes qu’est la Nouvelle-Calédonie.
Précédemment : Ouvéa, Iles Loyauté, Nouvelle-Calédonie
A suivre : Récifs coralliens calédoniens