
La baie, Plymouth Sound (The Sound), avec au fond, à droite, Penlee Point (Penn Legh en cornique*), l’extrémité sud-est de la Péninsule de Rame, en Cornouailles
* Langue parlée en Cornouailles
Bien que se situant dans le comté du Devon (sud-ouest de l’Angleterre), la Cité de Plymouth a un statut particulier.
D’autre part, même si elle n’en fait pas partie, elle est aussi la porte d’entrée « Est » vers les Cornouailles dont elle n’est séparée que par le fleuve Tamar qui se jette dans The Sound, la baie de Plymouth.
Photos Nathalie (4,5,10) et Bertrand (1-3,6-9,11), 27 juillet 2017
L’embouchure du Tamer, son nom en cornique, se situe entre le Mount Edgcumbe Country Park (au centre de la photo), en Cornouailles, et l’Ile de Drake (Drake’s Island).

Au sud de la ville, The Hoe (ci-dessous), une colline verdoyante aménagée en parc, domine The Sound (ci-dessus).
Pendant l’Ere élisabéthaine, c’est de cet endroit que, lors de la Guerre anglo-espagnole* (1585-1604), le fameux navigateur Sir Francis Drake aurait vu arriver, en 1588, l’Invincible Armada, alors qu’il jouait aux boules. Il abandonna, bien sûr, aussitôt, la partie, pour aller combattre les envahisseurs (Bataille de Gravelines).
* Elle opposa le Royaume d’Angleterre d’Elisabeth Ière (également Reine d’Irlande) au Royaume d’Espagne de Philippe II. La bataille navale fut remportée par les Anglais, mais sans gros dommages pour la flotte espagnole. Et l’issue de la guerre par le Traité de Londres en 1604 sera plus favorable au peuple ibérique.
La Smeaton’s Tower ou Smeaton’s Light surplombe le parc et la baie.
Cet ancien phare resta en activité de 1759 à 1882 sur le dangereux récif d’Eddystone, situé au sud-ouest de Plymouth. Sa partie supérieure fut démontée et reconstruite à son emplacement actuel en 1884.

En contrebas, sur une petite pointe, au-dessus de la mer, se trouve le Tinside Lido, de style art-déco. Cette piscine d’eau de mer date de 1935.
A quelques encablures de là, en contournant la Citadelle Royale (on peut apercevoir ses fortifications en levant les yeux) et après être passé au niveau de l’embouchure de la River Plym, on arrive sur Sutton Harbour, la marina de Plymouth.
Le port est fermé par une jetée et une passerelle piétonne, qui peut se relever comme un pont-levis.
De l’autre côté de la passerelle, on peut apercevoir le bâtiment qui abrite le National Marine Aquarium, le plus grand du Royaume-Uni.

Sur la jetée se dresse le Mayflower Steps Memorial au-dessus duquel flottent les drapeaux américain et britannique. C’est en effet d’ici que partirent les Pères pèlerins (Pilgrim fathers) à bord du Mayflower*, en 1620, pour aller s’installer en Amérique du Nord.
* Le bateau était parti de Londres et avait fait escale à Southampton puis Dartmouth.
On peut y voir un portique en pierre construit en 1934 et une pierre commémorative datant de 1890 (la Mayflower Stone) gravée avec le nom du navire et l’année de son départ.
Au XVIIe siècle, le quai se trouvait plus à l’intérieur des terres. Les marches qui descendent dans l’eau ne sont donc pas celles qu’auraient pu utiliser les pèlerins pour se rendre sur leur voilier, à bord d’une barque à rames, comme cela se faisait à l’époque.
A côté, on peut voir depuis 1996, à dix mètres de hauteur, au sommet de son mât, le Plymouth Sea Monster, plus connu sous son surnom, Barbican Prawn. Cet animal marin représente les variétés de poissons et de crustacés débarquées sur les quais par les pêcheurs.

On peut traverser la marina à bord d’une navette du Sutton Harbour Ferry qui relie Lockyers Quay (situé près du Harbour Car Park et de l’aquarium, quartier de East End,) au Barbican West Pier (situé au pied de la jetée du Mayflower Steps, dans Barbican (barbacane en français), le quartier historique de Plymouth).
On peut apercevoir la Citadelle Royale (dans le fond, à gauche) et les quais.

Outre les Pères pèlerins, c’est de ce port que partirent de nombreux explorateurs, à commencer par Francis Drake : il entama sa circumnavigation en 1577, avant de rentrer 3 ans plus tard.

On peut citer également James Cook qui quitta Plymouth pour son premier voyage autour du monde en 1768 et y revint en 1771. Même chose pour son deuxième voyage (1772-1774). Lors du troisième et dernier, dont le départ eut lieu en 1776, il découvrit les Iles Hawaïennes et accosta à Waimea Bay, sur l’Ile de Kauai, en 1778. L’année suivante, il trouva une mort tragique, poignardé par un indigène, battu à mort puis découpé en morceaux dans la Baie de Kealakekua (Ile d’Hawaï).

Dans le vieux quartier de Barbican se trouve bien sûr la plus vieille maison de la ville, Prysten House (1490), la maison du prieur.

Son nom viendrait de son occupation, au début du XVIe siècle, par des moines d’un prieuré voisin venus participer aux offices de Minster Church of Saint Andrew (Saint Andrew’s Church).
Cette église, dont la première construction en pierre date du début du XIIe siècle, fut presque entièrement détruite par des bombardements allemands en 1941. Epargné, le grand clocher élevé entre 1460 et 1490, Yogge’s tower, porte le nom de Thomas Yogge, un commerçant qui paya le travail.

Pas très loin, Elizabethan House, l’habitation d’un riche marchand ou d’un capitaine de marine de la fin du XVIe siècle, nous fait remonter le temps à l’époque de Sir Francis Drake et des Pères pèlerins.

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