Polders et moulins de Kinderdijk

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Moulins de De Nederwaard

Le site de Kinderdijk, à moins de 20 km au sud-est de Rotterdam, est inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997.

Photos Bertrand Donadille, 28 décembre 2018

Rattaché à la commune de Molenwaard, ce petit village de Hollande-Méridionale, ou Hollande du sud (Zuid Holland), est situé à la confluence des rivières Lek et Noord qui délimitent l’Alblasserwaard*, une région entourée de digues et transformée en polders où se trouvent les moulins.

Lek et Noord forment ensuite la Nouvelle Meuse (en néerlandais, Nieuwe Maas) qui traverse Rotterdam. C’est un bras du Rhin et pas de la Meuse comme son nom pourrait le faire croire.

* Alblas est le nom d’une rivière qui coule dans la région et Waard (ou weerd) est un ancien mot néerlandais qui désigne une terre basse et plate entourée de cours d’eau. Son nom est utilisé depuis le XIVème siècle et apparaît pour la première fois dans une charte datant de 1383.

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Moulin de De Overwaard

Les moulins à vent de Kinderdijk ont été construits pour la plupart entre 1738 et 1740 pour que les terres de l’Alblasserwaard ne soient plus sujettes aux inondations et restent au sec.

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Moulin de De Overwaard

Il  y a mille ans, la région était une immense tourbière accessible uniquement durant certaines périodes de l’été lorsque le niveau de l’eau des rivières et de la mer étaient suffisamment bas.

Lorsque ces terres fertiles ont commencé à être cultivées, les habitants ont commencé à construire des fossés, des digues et des écluses pour évacuer l’eau. Mais ce drainage a entrainé l’affaissement des sols de tourbe et donc une nouvelle montée… des eaux.

Pour remédier à ce problème récurrent, il a fallu utiliser une technique plus efficace : le moulin à vent.

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Moulins de De Overwaard

Ce sont donc des moulins de drainage, ou moulins de polder. Leur roue à aube permet d’acheminer l’eau des canaux vers les réservoirs supérieurs, les Hooge Boezem.

Les huit moulins du Hooge Boezem van De Nederwaard (ce dernier existe depuis 1369), sont en brique et ont été construits en 1738.

Ceux du Hooge Boezem van De Overwaard (1365) – au nombre de huit, également – sont en bois avec un toit de chaume et datent de 1740.

Plus loin, sur le polder Nieuw-Lekkerland, deux autres édifices en pierre sont plus récents (1760).

Ils sont encore tous en état de marche et peuvent éventuellement servir en cas de panne des ouvrages hydrauliques plus modernes.

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Moulins de De Overwaard

Quant au dernier, le moulin Blokweer (officiellement appelé De Blokker), c’est le plus vieux du site. Il daterait de 1631. Mais un moulin plus ancien aurait existé à cet endroit vers 1500.

Il se différencie des autres par le fait que sa partie supérieure peut être orientée face au vent.

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Il draine le polder Blokweer, d’où son nom.

“Polder” est un vieux mot néerlandais qui veut dire “terre endiguée”. Il apparait pour la première fois, en 1219, dans une charte de Middelburg, dans la province de Zélande (”Zeeland”, littéralement “Terre de la Mer”).

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A kinderdijk, nous sommes en présence d’un polder d’assèchement (droogmakerij).

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De Blokker est un moulin cavier, caractéristique de ceux que l’on trouve dans le Saumurois, en Anjou.

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Le cavier est la cave qui supporte le massereau, la structure conique sur laquelle est installée la partie mobile de bois appelée, hucherolle. A l’intérieur de cette dernière se trouvent les engrenages reliés aux ailes.

Précédemment : Design néerlandais

A suivre : Négoces amstellodamois

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