
La Cour d’Honneur
Depuis le XIIe siècle, le Château de Fontainebleau a vu passer dans ses murs tous les souverains français, des Capétiens*, à l’exception des quatre premiers, aux Bonaparte.
* La dynastie des Capétiens peut être divisée en 3 branches : les Capétiens directs (987-1328) de Hugues Capet (de la famille des Robertiens, roi des Francs) à Charles IV le Bel ; les Valois (1328-1589) de Philippe VI à Henri III ; les Bourbons de Henri IV à Louis XVI (1589-1792) et de Louis XVIII à Louis-Philippe Ier (1814-1848), ce dernier étant le seul roi Bourbon de la Maison d’Orléans.
Photos Nathalie (2,4,7) et Bertrand (1,3,5,6,8-11) Donadille, 29 décembre 2018
Le Domaine national de Fontainebleau, Monument Historique et Jardin remarquable, a également été classé au Patrimoine mondial de l’Unesco (Domaine de Fontainebleau : château, jardins, parc et forêt) et se trouve à l’intérieur de la Réserve de Biosphère de Fontainebleau et du Gâtinais.
Depuis Louis VI le Gros, qui aurait construit un premier château fort (attesté en 1137), dont il reste le donjon dans la Cour Ovale, jusqu’à Napoléon III, c’est la seule demeure royale où ont habité les 34 rois et empereurs ayant régné sur la France pendant ces huit cents ans.
En août 1816, à Sainte-Hélène* où il était exilé, Napoléon Ier disait du château : “Voilà la vraie demeure des rois, la maison des siècles.”
* L’ile de Sainte-Hélène où est mort l’empereur se trouve dans l’Océan Atlantique Sud. Elle fait partie du Territoire d’Outre-Mer britannique de Sainte-Hélène, Ascension et Tristan da Cunha.
La Cour d’Honneur
Des cinq cours de Fontainebleau, la Cour d’Honneur est la plus vaste et la cour principale depuis le XVIIe siècle. C’était auparavant une basse-cour (où étaient les écuries et les dépendances).
Elle est aussi appelée Cour du Cheval blanc (une statue de cheval en plâtre y avait été érigé aux environs de 1563-1626) ou encore Cour des Adieux, en référence au départ de Napoléon Ier pour l’Ile d’Elbe* le 20 avril 1814.
* Située au large de l’Italie, en Mer Tyrrhénienne, dans l’Archipel Toscan (Province de Livourne, Toscane), l’Ile d’Elbe, où Napoléon Ier est exilé d’avril 1814 à mars 1815, devient pendant cette période la Principauté de l’Ile d’Elbe dont il est alors le souverain.

Dans cette Cour d’Honneur, on peut admirer l’escalier en Fer-à-Cheval bâti à la demande de Louis XIII entre 1632 et 1634, à la place d’un premier escalier datant de 1559.
A partir de 1528, François Ier a fait reconstruire un château dans le style Renaissance sur les fondations de l’édifice féodal qu’il venait de faire démolir.
C’est de cette période que date l’aile Est où l’on peut voir, à droite de la Tour de l’Horloge, la Chapelle de la Trinité dont les travaux ont commencé sous son règne (après 1540), et se sont terminés sous celui de son fils, Henri II. Elle a remplacé les bâtiments d’un couvent-hôpital fondé par Saint-Louis en 1259, le Couvent des Trinitaires.

Accolée à l’extrémité nord (à gauche) de cette aile Est (mais à peine visible ici), on distingue la salle de Jeu de paume (1601) du roi Henri IV, la plus grande du monde. Elle a été détruite par un incendie en 1702, puis reconstruite en 1732, avant d’être rénovée en 1812. Elle est toujours en activité. Ce jeu est l’ancêtre des sports de raquette actuels.
A droite de l’escalier se situe l’aile des Reines-Mères et du Pape depuis que Pie VII y a séjourné en 1804 et en 1812-1814.
A l’angle sud, le Gros Pavillon de 1750 est prolongé par l’aile Louis XV (à droite) édifiée en 1739-1740, puis 1773-1774 à la place de la Galerie d’Ulysse qui existait depuis la Renaissance.
Enfin, l’aile nord, en face, abrite l’aile des ministres (construction vers 1530 – ci-dessous également).

La Cour Ovale
Dans le prolongement vers l’est de l’actuelle Cour d’Honneur et reliée à cette dernière par la Galerie François Ier (à partir de 1530), la Cour Ovale est l’ancienne cour principale. Elle se trouve à peu près à l’emplacement de l’édifice féodal.
Les bâtiments qui l’entourent ont été élevés autour du donjon, seul vestige médiéval, par François Ier – le premier véritable bâtisseur du château tel qu’on peut le voir aujourd’hui – et Henri IV.
C’est de cette cour que rayonnent tous les autres bâtiments du Château de Fontainebleau.
La Porte du Baptistère (au fond)) permet de rejoindre la Cour des offices ou Cour des Cuisines. C’était un espace de communs où était logé le personnel qui avait un office à la cour royale. Elle s’ouvre sur la Place d’Armes de la ville. Elle est aussi nommée, Quartier Henri IV, car elle date de la période 1606-1609.

Le Jardin de Diane
Le Jardin de Diane, au nord du domaine, est l’ancien jardin du Couvent des Trinitaires dont on sait qu’il avait un jardin de simples ou jardin médicinal (herbularius en latin, de herba, herbae : herbe). On y cultivait des plantes aux vertus médicinales appelées “simples” ou “plantes officinales”.
Après 1528, il est devenu Jardin du Roi quand François Ier a décidé de faire de Fontainebleau son palais, puis Jardin de la Reine (ou Jardin des Buis) aux alentours de 1559 lorsque Catherine de Médicis (épouse d’Henri II et mère de trois futurs rois : François II, Henri III et Charles IX) en a fait son jardin personnel.
Il a été réaménagé sous Henri IV avec la construction de la Grande Galerie (en arrière-plan) commencée en 1600 qui comprend, au rez-de-chaussée, la Galerie des cerfs et au premier, la Galerie de Diane.
Le roi a fait ajouter la Fontaine de Diane en 1603. Le bronze que l’on voit vient du Château de Marly et date de 1684. Il a remplacé en 1813 celui d’origine qui avait été volé à la Révolution.

Pendant les années 1645-1646, Anne d’Autriche, la mère du futur Louis XIV, alors régente, a fait redessiner le jardin Renaissance par André Le Nôtre qui l’a transformé en jardin à la française.
En 1647, la volière d’Henri IV est transformée en orangerie. C’est de cet endroit que proviennent les plus beaux orangers de Fontainebleau que Louis XIV a fait transporter dans la nouvelle orangerie de Versailles en 1663.
Sous Napoléon Ier et Louis-Philippe Ier, le jardin a été agrandi, réagencé et clôt par un mur côté ville.
Avec Napoléon III, ce mur d’enceinte a été remplacé par les grilles actuelles.
La Cour de la Fontaine
Le Jardin de Diane est séparé de la Cour de la Fontaine (en contrebas sur la photo) par la Galerie François Ier depuis laquelle est pris le cliché. Son nom a pour origine la fontaine du XVIe siècle, surmontée de la figure d’Ulysse, qui s’y trouve.
Depuis la galerie, on peut apercevoir l’aile des Reines-Mères et du Pape ainsi que le Gros Pavillon qui donne au sud sur l’Etang aux Carpes.

Le parc
Cet étang de 6 hectares a été aménagé dès le Moyen-âge.
Le pavillon en son centre, de forme octogonale, remonte à 1660 (règne de Louis XIV). Napoléon Ier l’a fait restaurer et modifier entre 1811 et 1813.
Mais sous Louis XIII, il y aurait eu un “petit pavillon rond couvert en terrasse et environné d’une balustrade de pierre” selon le Pére Dan, un historien du XVIIe siècle.

Outre les carpes, de magnifiques cygnes glissent sur l’eau.

A l’est de l’étang s’étend le Grand Parterre (le plus grand d’Europe), un immense jardin à la française de 11 hectares, principal aménagement du Roi Soleil à Fontainebleau, créé par Le Nôtre et Le Vau de 1660 à 1664.
De l’autre côté du plan d’eau, le Jardin Anglais (16 hectares) était planté de pins sous François Ier. Son aspect actuel remonte au Premier Empire.

La Grotte des Pins est la première grotte artificielle construite en France (1541-1543). A l’époque, elle se trouvait au rez-de-chaussée d’un pavillon situé au bout de la Galerie d’Ulysse détruite en 1739.

Le parc du Château de Fontainebleau a une superficie totale de 130 hectares.
De quoi faire de belles balade !
A suivre : Le Musée Napoléon Ier du Château de Fontainebleau