Le Caire, 1989

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Dans le Grand Caire, le Nil, entre Gizeh1 (quartier d’Oula) au premier plan, l’Ile de Roda (Le Caire1), en face, et le Cairo University Bridge (ou, El-Gamaa Bridge), à droite
  1. Gizeh fait partie du Gouvernorat de Gizeh et Le Caire, du Gouvernorat du Caire
Il y a 30 ans, nous avons passé 5 semaines en Egypte*, sac à dos. Le Caire (Basse-Egypte) fut notre première et dernière étape, en juillet et en août 1989.
Souvenirs, souvenirs !

* En arabe, Al-Qāhirah (« La Victorieuse »)

Photos Nathalie et Bertrand Donadille

WAST AL-BALAD

Notre hôtel

Nous avons séjourné au Cosmopolitan Hotel inauguré en 1928 sous le nom de Metropolitan Hotel, dans le quartier « européen » de la Bourse aménagé au début du XXe siècle et qui constitue aujourd’hui le centre-ville du Caire dénommé Wast al-Balad*.

Il est malheureusement définitivement fermé.

* Littéralement : le centre/coeur du pays. Le pays est ici compris comme la ville : al-madîna. On trouve d’ailleurs aussi l’expression : wast al-madîna.

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LE CAIRE ISLAMIQUE*

* Partie principale du Patrimoine mondial de l’Unesco : Le Caire historique

Mosquée Al-Azhar

La Mosquée Al-Azhar (la florissante, la brillante) a été construite de 970 à 972, un an après la fondation de la ville au début du Califat fatimide du Caire (Egypte musulmane).

Avec son université, c’est le centre religieux le plus important du monde musulman sunnite.

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Derrière la mosquée se trouvait un petit marché aux légumes et aux volailles où nous n’avons pas été les bienvenues : des tomates nous ont manqués de peu !

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Citadelle de Saladin* 

* ou Citadelle du Caire

Cette dernière a été bâtie entre 1176 et 1183 par le grand Saladin (Salah Al-Din, 1138-1193), Sultan d’Egypte (Sultanat ayyubide sous le Califat abbasside de Bagdad), le vainqueur des Croisés en 1187, avant d’être agrandie au cours des siècles suivants. Elle est restée le siège du gouvernement égyptien jusqu’au XIXe siècle.

Mehemet Ali (Vice-roi d’Egypte) qui était turc (en arabe, Mohammed Ali), mais qui est considéré comme le père de l’Egypte moderne, y a fait construire entre 1830 et 1848 une mosquée qui porte son nom.

Elle est surnommée Mosquée d’albâtre en raison de l’utilisation de ce matériau pour les panneaux qui recouvrent les murs de la salle de prière, ainsi que pour les colonnades et le dallage de sa cour.

De style Ottoman, son architecture est une copie de celle de la Mosquée Bleue d’Istanbul comme le montrent ces divers éléments :

– le minaret élancé ;

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– les lanternes sous les coupoles de la salle de prière ;

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– les arcades (riwak) voûtées entourant la cour carrée ;

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– la fontaine aux ablutions en son centre.

Pour ce qui est de la forme de cette dernière, on reconnait plutôt, ici, l’influence de Sainte-Sophie à Istanbul.

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Derrière la cour se dresse une tour qui abrite l’horloge offerte par Louis-Philippe Ier à Ibrahim pacha, le fils de Méhémet Ali, en 1846.

Ce cadeau aurait été fait en remerciement du don, effectué en 1830 par Méhémet Ali à Charles X, de l’obélisque de Louxor qui a été érigé en 1836 sur la Place de la Concorde à Paris.

Mais cette horloge n’a jamais fonctionné !

Khân al-Khalili

Le grand bazar du Caire, le plus ancien souk de la ville, est situé au coeur de la cité historique, juste au nord de la Mosquée Al-Azhar.

Il doit son nom à l’Emir Gahârkas al-Khalîlî (Sultanat mamelouk) qui a fait construire, à l’emplacement d’un cimetière fatimide, un immense caravansérail (Khân) à la fin du XIVe siècle. Puis, le bazar original a été démoli et reconstruit en 1511. Il a bien sûr subi de nombreuses transformations au cours des siècles, mais sa fonction commerciale n’a jamais cessé.

A l’entrée du souk des orfèvres, ne manquez pas l’historique Café Al-Fishawy (francisé en Fichaoui), ou Café des miroirs,  l’un des plus anciens, voire le plus ancien du Caire, et certainement le plus célèbre. C’est en tout cas une véritable institution !

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La date exacte de son ouverture ne peut être donnée avec certitude, mais il est admis que c’est en 1797 que Hajj Fahmi Ali al-Fishawy a créé ce lieu pour offrir le thé à ses amis, ou à des personnes de passage, après la prière du soir. Devant le succès populaire, il a aménagé ensuite trois salles dont l’aspect n’a quasiment pas changé depuis l’époque de leur création.

Dans le quartier on retrouve les nombreux marchands ambulants et les traditionnels vendeurs de thé.

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ILE DE RODA

Palais Manial

L’Ile de Roda (Rhoda, Rôdah), ou El-Rôda, sur le Nil, au sud de l’Ile de Gezira, est un quartier résidentiel dans lequel se trouve le Palais Manial, ou Al-Manyal.

Au début du XXe siècle, pendant l’occupation britannique*, il a été construit au milieu d’un magnifique parc pour son concepteur, le Prince Mohammed Ali Tewfiq** qui l’a habité jusqu’en 1952. Il le quittera à la suite du coup d’Etat militaire***. Il a ensuite été transformé en hôtel de luxe dans les années 1960.

* L’Egypte est restée sous domination britannique de 1882 à 1956, même au début de la République d’Egypte (1953-1958), mais le Royaume-Uni ne l’a occupée que de 1882 à 1914.

** Fils du Khédive Tewfik Iᵉʳ, frère du Khédive Abbas Hilmi II (Khédivat d Égypte, 1867-1914) et neveu du Sultan Hussein Kamal Pacha (Sultanat d’Egypte ou Protectorat britannique en Egypte,1914-1922). Le palais est donc désigné quelquefois sous le nom de « Palais (de) Mohammed Ali Tewfik« .

*** Le coup d’Etat de 1952 a provoqué l’abdication du Roi Farouk, ou Farouk Ier (Royaume d’Egypte, 1922-1953).

En 1989, c’était le Club Med Manial Palace, un village du Club Méd (anciennement Club Méditerranée) qui l’a loué de 1968 à 1994.

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Nous y avons passé notre dernière journée en Egypte, au bord de la piscine.

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Depuis 2015, après 10 ans de restauration, le palais a rouvert ses portes au public.

A suivre : Musée Egyptien du Caire, 1989

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