Temple de Java : Borobudur

image
Situé dans la Vallée de Kedu, à 40 km au nord de Yogyakarta, dans le centre de Java, le Temple de Borobudur (Candi Borobudur)* fait partie de l’un des plus grands ensembles bouddhiques du monde, l’Ensemble de Borobudur (Patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco) construit entre 780 et 840 de notre ère, sous la Dynastie Sailendra, à l’instar des temples de Prambanan.
Véritable mandala* géant de pierre, il symbolise le cosmos. 

* Représentation graphique ou en trois dimensions du cosmos

Photos Nathalie (2,3,5,8,12,28,29) et Bertrand (1,4,6,7,9-11,13-27) Donadille, juillet 2019

Après avoir assisté au lever du soleil sur les volcans, la vallée, et le temple depuis Punthuk Setumbu (Setumbu Hill)

image

… nous avons rejoint le site de Borobudur.  

Abandonné au XVe siècle, recouvert par la végétation et les cendres volcaniques du Merapi et du Merbabu tout proches, il n’a été redécouvert qu’en 1814 par les troupes britanniques.

Le temple est un sanctuaire dédié à Bouddha, un stupa : dans la religion bouddhiste, c’est à la fois la représentation aniconique* de Bouddha et un monument qui commémore sa mort physique et son entrée dans le parinirvāna (nirvāṇa final).

* L’aniconisme est une doctrine théologique qui implique le bannissement des icônes.

De bas en haut, il est divisé en trois parties correspondant aux trois sphères superposées de l’univers tel qu’il est perçu dans la cosmologie bouddhiste.

La base de la structure, d’abord, représente la sphère des désirs, le Kamadhatu. Il symbolise la terre. La nature du monde est vue et expérimentée par les humains.

image

Viennent ensuite cinq terrasses carrées constituant la sphère des formes, le Rupadhatu, et qui figurent les cinq premières étapes conduisant à l’éveil (ou illumination). C’est la nature transitoire où les humains ont été libérés des affaires du monde mais sont toujours soumis au nom et à la forme.

image
image
image
image

On y accède par quatre entrées situées aux quatre points cardinaux.

image

On arrive enfin à lArupadhatu, la sphère du détachement des formes,  composée de trois plates-formes circulaires concentriques symbolisant le ciel. 

C’est le royaume le plus élevé, la maison de dieu, où nom et forme ont disparu et que seuls les bouddhas*, les êtres “éveillés”, ceux qui sont parvenus au nirvana**, à l’éveil spirituel absolu, peuvent atteindre. 

* de « budhyate » en sanskrit, participe passé substantivé du verbe « budh- » qui signifie notamment : s’éveiller, comprendre, mais aussi, éveiller, faire comprendre.

** de « nibbāna »,  mot pali (ancienne langue indienne proche du sanskrit) qui veut dire « extinction ». C’est donc un état où l’on est détaché de toutes les contraintes du monde physique.

image

Le sommet est surmonté d’un grand stupa vide dont on ne connait pas l’attribution précise de son espace intérieur. Il représente la renaissance du monde.

image

Il est entouré par 72 stupas ajourées en forme de cloche…

image
image

… à l’intérieur desquels se trouve une statue de Bouddha.

image
image
image

Certaines manquent et celle-ci n’est plus coiffée de son stupa.

image

Du haut de l’édifice, la vue est superbe sur la forêt et les montagnes alentour.

image
image

Si l’absence d’ornements traduit la pureté de l’Arupadhatu – cet “espace sans forme” (en sanskrit) – par contre, les décorations sont nombreuses dans le reste du sanctuaire.

Les murs et balustrades sont enrichis de 2670 bas-reliefs, dont 1460 illustrent les écrits de plusieurs sutras*, les autres étant décoratifs, le tout sur une surface totale de plus de 2500 m².

On peut admirer quelques-unes (seule une partie est visible) des 160 scènes du Sutra de Karmawibhangga situées sur la base de la structure du monument. Elles évoquent l’enseignement bouddhique de la cause et de l’effet. Elles décrivent la nature et les passions des humains comme le vol, le viol, les calomnies…

* En pali, « sutra » signifie « fil », dans le sens de « fil qui relie », de « règle« . Dans la religion bouddhiste, c’est un genre particulier de textes canoniques.

image

Aux étages supérieurs se déroulent devant nos yeux l’existence de Bouddha ou des scènes de la vie quotidienne javanaise.

image
image
image

La statuaire bouddhique est évidemment très importante dans l’ornementation architecturale du site.

On trouve principalement les différentes représentations de Bouddha. Un grand nombre des 504 statues originelles, pour la plupart placées dans des niches, ont été volées, abîmées ou détruites, mais il en reste quand même suffisamment pour se rendre compte de l’effet que cela procure.

image
image

La symbolique animale est également présente avec notamment le lion, gardien des lieux sacrés, dont 16 paires encadrent escaliers et portes d’accès au temple.

image

Mais ce que je préfère, c’est cette gargouille magnifiquement sculptée qui se marre depuis plus d’un millénaire, témoin de l’Histoire !

image
image

Précédemment : Kawah Ijen, volcan de Java

A suivre : Payung, Temple de Prambanan 

Laisser un commentaire