
Le village de Grignan, en Drôme provençale, connut une histoire riche et mouvementée, liée à son château (classé Monument Historique) qui fut la dernière demeure de Madame de Sévigné.
Photos Nathalie (4,6,7,9,13) et Bertrand (1-3,5,8,10-12,14) Donadille, 16 mars 2019
Forteresse médiévale du XIe au XIVe siècle, à l’emplacement d’un ancien oppidum, puis château “Renaissance” aux XVe et XVIe siècles, la demeure de la Famille des Adhémar de Grignan fut transformée en palais classique au XVIIe avant d’être démantelée et pillée à la Révolution, puis laissée à l’abandon jusqu’à son achat en 1912 par Marie Fontaine qui le fit reconstruire.
Le parc du château est également classé Monument Historique.

Jusqu’à la fin du XVe siècle, le village de Grignan resta blotti au pied du château, à l’intérieur de ses remparts.

On peut encore voir la Tour de l’ancienne Porte du Tricot (XIIIe siècle).
Plus connue sous le nom de beffroi, elle fut surélevée en 1600 pour accueillir la première horloge communale.

Le châtelet d’entrée, construit au XIIe siècle, que l’on atteint au bout d’une longue montée par des ruelles escarpées, se trouve au nord du château.


On arrive alors dans la cour d’honneur avec sa façade reconstruite en 1915 telle qu’elle était au milieu du XVIe siècle lorsqu’elle fut conçue.

Sur l’arrière se trouve la Cour du Puits qui donne sur la terrasse aménagée sur le promontoire rocheux sur lequel s’élèvent les bâtiments.


Lors de sa restauration, l’intérieur du château fut meublé et décoré avec des éléments et des objets datant du XVIe au XXe siècle, ou avec des reproductions d’ornements de styles différents.
La Salle du Roi, par exemple, possède un plafond à la française orné de motifs de la Renaissance italienne, le parquet est une imitation de celui de la Galerie des Glaces de Versailles et la cheminée est enrichie avec des copies de colonnes et de décors du château d’Azay-le-Rideau.

Depuis la terrasse, la vue porte au loin, jusqu’au Mont Ventoux.

En contrebas, adossée au flanc de l’esplanade du château, se trouve la Collégiale Saint-Sauveur.

Son parvis fut restauré avec ces formes géométriques en 2018, en remplacement de l’ancienne calade de galets.
L’escalier qui relie le parvis à la rue date du XVIIe siècle.

L’édifice religieux, classé Monument Historique, fut édifié entre 1535 et 1542.
C’est dans la collégiale que fut inhumée Madame de Sévigné, en 1696, lorsqu’elle mourut pendant son dernier séjour au château où elle soignait sa fille Françoise-Marguerite, épouse de François de Castellane-Adhémar de Monteil, comte de Grignan, lieutenant-général et vice-gouverneur de Provence sous le règne de Louis XIV. Le caveau fut malheureusement profané en 1793.

Précédemment : Château de Suze-la-Rousse