
Le Jungfraujoch* (3466 m) est le col qui sépare les sommets de la Jungfrau (4158 m) et du Mönch (4107 m) à cheval sur l’Oberland bernois et le Haut-Valais, dans les Alpes du Finsteraarhorn-Aletschhorn**, en Suisse alémanique
Il abrite la plus haute gare ferroviaire d’Europe, à 3454 mètres : Jungfraujoch-Top of Europe (Valais).
Le site environnant forme le bassin d’alimentation du Glacier d’Aletsch, le plus grand des Alpes (23 kilomètres de long) et se trouve au sein des Alpes suisses Jungfrau-Aletsch inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.
* Le Jungfraujoch marque la frontière entre le Canton de Berne et le Valais
** ou Massif des Alpes bernoises (une des 132 sous-sections SOIUSA) dans les Alpes Bernoises (une des 36 sections de la Subdivision orographique internationale unifiée du système alpin, ou SOIUSA). Le Massif des Alpes Bernoises n’est donc qu’un massif (une sous-section) parmi les autres dans l’ensemble montagneux des Alpes Bernoises
Photos Nathalie (2-6,8,9) et Bertrand (1,7,10,11) Donadille, 16 juillet 2019
Pour y monter, on a emprunté le chemin de fer à crémaillère le plus long du monde (19,114 km), le Wengernalpbahn (Arrondissement d’Interlaken-Oberhasli, Oberland bernois) qui relie Grindewald*, Kleine Scheidegg, Wengen et Lauterbrunnen dans les Préalpes Bernoises (Préalpes Suisses).
* A l’aller, nous avons rejoint Grindelwald en train depuis Wilderswil (près d’Interlaken), où nous avons dormi, par le Berner Oberland-Bahn dont la ligne a été mise en service en 1890.

Après avoir longé le nord de l’Eiger (3970 m), on est descendu à la gare de Kleine Scheidegg (commune de Grindelwald), à 2061 mètres, d’où le panorama est grandiose !

A Kleine Scheidegg (Petite épaule), on a enfin pris la ligne de chemin de fer la plus haute d’Europe, la Jungfraubahn.
(En été, réservez votre billet pour cette partie du voyage pour éviter d’attendre entre 60 et 90 minutes avant de monter dans un des trains qui partent toutes les demi-heures.)
A partir de la gare d’Eigergletscher (Glacier de l’Eiger, km 2, à 2320 m d’altitude), cette ligne à crémaillère emprunte un long tunnel de plus de 7 kilomètres, creusé à l’intérieur des massifs de l’Eiger et du Mönch.
Il a fallu 16 ans de travaux colossaux pour construire les 9,3 kilomètres de l’itinéraire (de 1896 à 1898 pour la partie extérieure et de 1898 à 1912 pour le tunnel).
A la gare d’Eismeer (Mer de glace, km 5,7 à 3160 m d’altitude), le train s’arrête 5 minutes et nous avons pu admirer le Glacier de l’Eiger à travers les fenêtres d’observation.

De la gare de Kleine Scheidegg, on atteint en 35 minutes* celle de Jungfraujoch située sous l’éperon rocheux du Sphynx sur lequel s’élève, à 3571 mètres, l’Observatoire du Sphinx. Nous sommes alors dans le Valais.
Inauguré en 1937, c’est le plus haut d’Europe, mais la station internationale de recherche alpine de haute altitude existe depuis 1931.
* Depuis Interlaken, le trajet s’effectue en 2 heures, sans compter l’attente éventuelle si vous n’avez pas réservé votre billet !

Grâce à un ascenseur extrêmement rapide, nous avons montés en 25 secondes les 108 mètres conduisant à la terrasse panoramique du Sphinx depuis laquelle la vue sur le Glacier d’Aletsch est sublime.

Du plateau sur lequel flotte le drapeau suisse depuis 1912, le paysage est tout aussi splendide : au premier plan, on aperçoit le Jungfraufirn, un des névés* (glaciers nourriciers ou bassins d’accumulation) qui alimente l’Aletsch à partir des flancs Est de la Jungfrau et Sud du Mönch.
* ”firn” signifie “névé” en allemand
Les différents névés se rejoignent à la Konkordiaplatz (au centre, à 2700 m d’altitude) l’endroit où le lit du glacier est le plus profond avec une épaisseur de glace de 900 mètres.


Du plateau, la vue s’étend également, d’un côté, sur la Jungfrau…


… et, de l’autre, sur le Mönch.

A suivre : Mönchsjochhütte