La Couvertoirade, cité templière et hospitalière

Au sud de l’Aveyron, sur le plateau du Larzac, dans le Parc naturel régional des Grands Causses, La Couvertoirade* est nichée au milieu de ses remparts. C’est un joyau médiéval façonné, d’abord, par l’Ordre des templiers, puis par les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.

* Patrimoine mondial de l’Unesco et sur le territoire du Grand Site Occitanie Millau-Roquefort Sylvanès

Photos Nathalie Donadille, 1er et 2 mai 2012

En 1181, les Templiers s’implantent sur le site du Mas Aismar de La Cobertoirada. Le nom apparait déjà au XIe siècle dans un document de l’Abbaye de Gellone (Saint-Guilhem le Désert aujourd’hui).

Photos : Portal d’Amoun (1) – Hôtel de la Scipione, XVe siècle (3 et 6)

A la fin du XIIe ou au début du XIIIe siècle, ils entament la construction du château (Monument Historique avec le donjon) qui se termine en 1249. C’est l’un des rares construits par les Templiers.

Plus tard, sur le même promontoire rocheux, les Hospitaliers élèvent l’Eglise Saint-Christol* au XVe ou XVIe siècle. Dans l’ancien cimetière qui la jouxte (tous deux sont classés Monuments Historiques) se trouvent des copies de stèles funéraires discoïdales monolithes (celles dans l’église dateraient du Moyen Age).

* Ou Christophe, du grec Christós, le Christ, et de phorós, celui qui porte.

Dans l’édifice religieux, une clé de voûte comporte une Croix de Saint-Jean, symbole des Hospitaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

En 1135, il existe déjà une première église qui porte le nom de Sancti Xristophori de Cupertoirada. Elle est située en dehors de l’enceinte fortifiée. Il n’en reste que des ruines.

Dépendant de la Commanderie de Sainte-Eulalie, le village, après l’abolition de l’Ordre du temple en 1312, tombe donc dans le giron des Hospitaliers.

Au XVe siècle, ces derniers bâtissent les murailles. Hautes de 12 m et d’une longueur de 400 m, elles sont dotées de 4 tours rondes et 2 carrées, au-dessus de chacune des 2 portes de la cité, dont celle du Portal d’Amoun (Portail d’Amont, au nord, ci-dessous). Une partie de ces remparts, terminés en 1455, est également classée Monuments Historiques.

De nombreuses maisons datent de cette époque.

De nombreux chardons, les Cardabelles* décorent les portes. Outre le fait qu’elles portent bonheur et chassent les mauvais esprits, ce sont de véritables baromètres : elles réagissent au taux d’humidité et annoncent le mauvais temps lorsque la fleur se ferme, d’où son surnom de Baromètre du Berger car elle étaient utilisées par les paysans, mais surtout, par les gardiens de troupeaux. C’est aujourd’hui une espèce protégée et il est interdit de les ramasser !

* Son vrai nom est Carline à feuilles d’acanthe. Elles fait partie de la même famille que les artichauts.

On trouve également des croix huguenotes qui symbolisent l’appartenance à la communauté protestante. Elles rappellent que les Guerres de Religion ont marqué l’histoire de La Couvertoirade.

A l’extérieur des fortifications domine le Moulin du Redounel . C’est le seul qui reste des deux moulins à vent qui fonctionnent sur la commune au XVIIe siècle et servent à la production de farine de blé, d’huile de noix ou de cidre.

Quant à la lavogne*, elle est de forme ovale, alors que celles que l’on rencontre ailleurs sur le causse sont plutôt rondes.

* Les lavognes sont des abreuvoirs naturels pour les troupeaux. Les eaux de pluie se sont infiltrées dans le sous-sol karstique et ont formé une cavité. Puis une couche d’argile s’est formée sur le fond et l’a rendu étanche. Leur accès a ensuite été aménagé par l’homme.

Précédemment… Gorges de La Dourbie : Moulin de Corp et hameau de Saint-Véran

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