Traversée du Bosphore en feribot, de l’Europe à l’Asie

Derrière le drapeau : Palais de Topkapi 1 et Sainte-Sophie 1
Le meilleur moyen de se déplacer entre les parties européenne et asiatique d’Istanbul est bien sûr de traverser le Bosphore en ferry.
Petite croisière entre Karaköy, dans l’occidental district de Beyoglu, et Mimar Sinan (district d’Üsküdar) sur la rive orientale.

Photos Nathalie (1,2,4,7,8,11,14) et Bertrand (3,5,6,9,10,12 13,15) Donadille, 18 février 2019

Situé entre la Péninsule historique d’Istanbul et le nord de la province, le Bosphore* est le détroit qui relie la Mer de Marmara (dont il fait partie) à la Mer Noire. Il sépare la Thrace orientale (Doğu Trakya, ou simplement Trakya en turc) située en Europe, de l’Anatolie (Anadolu) ou Asie Mineure, et coupe la principale ville de Turquie en deux.

Nous avons pris le ferry (feribot en turc) au départ de la Jetée de Karaköy (Karaköy İskelesi) au pied du quartier historique de Galata, sur la rive occidentale.

* En turc, le Bosphore est appelé İstanbul Boğazı (littéralement, la « gorge d’Istanbul ») ou plus simplement, Boğaziçi (Bosphore). Le terme vient du grec ancien, Bosporos qui signifie « le passage du boeuf » (« bouç », le « boeuf « et « poros », le « passage »).

Comme souvent, l’origine du mot n’est pas connue avec certitude. Mais deux versions émergent. Pour la première, l’étroitesse du détroit aurait permis aux autochtones de faire traverser leurs boeufs à la nage. Il existe également une version mythologique liée à Io, grande prêtresse d’Hera, l’épouse de Zeus. Le Dieu suprême étant tombé amoureux de la jeune fille, il l’aurait transformée en génisse pour la cacher et la protéger de sa femme jalouse. Pour échapper à un taon envoyé par cette dernière, Io aurait traversé le Bosphore à la nage.

Après avoir quitté l’embarcadère, nous avons laissé derrière nous, à l’entrée de la Corne d’Or (Haliç), le Pont de Galata (Galata Köprüsü). Ce dernier relie Karaköy à Eminönü dans le district de Fatih* où on voit en arrière-plan la Mosquée Süleymaniye – ou de Soliman le Magnifique (Süleymaniye Camii) 2 dans le quartier de Süleymaniye.

* Fatih signifie « conquérant » en turc. Le district correspond à la Péninsule historique de Stamboul, nom donné à la vieille ville de Constantinople jusqu’en 1930 quand elle est devenue Istanbul. Elle comprend les anciens quartiers byzantin et ottoman.

Le feribot est remonté vers le nord.

Au sud (dans le fond, entre les deux bateaux), on aperçoit la Mosquée Neuve (Yeni Camii), quartier de Rustempasha (Eminönü).

Puis s’est dévoilée Sarayburnu (la Pointe du Palais ou du Sérail) située au bout de la Péninsule historique.

On peut apercevoir dans le prolongement du promontoire, le Parc de Gülhane (Gülhane Parkı) au-dessus duquel se trouve le Palais de Topkapi (Topkapı Sarayı) 1 dans le quartier de Cankurtaran. A sa droite, se dresse le dôme et les minarets de Sainte-Sophie (Ayasofya) 1 puis ceux de la Mosquée Bleue (Mosquée Sultan Ahmet, Sultanahmet Camii) 1 dans le quartier de Sultanahmet.

1. et 2. Zones historiques d’Istanbul (Patrimoine mondial de l’Unesco) :

  1. Parc archéologique de Sultanahmet
  2. Mosquée Süleymaniye et sa zone associée

Ancienne vallée submergée par la mer, le détroit est un passage de 32 km de long dont la largeur varie entre 700 m et 3 km et la profondeur entre 30 et 120 m.

Dans l’Antiquité, les Grecs lui avaient donné le nom de Bosphore de Thrace (la Mer de Marmara s’appelait, alors, la Propontide, et la Mer Noire, Pont-Euxin ) pour le différencier du Bosphore cimmérien, aujourd’hui, le Détroit de Kertch* qui rattache la Mer Noire à la Mer d’Azov (anciennement Lac Méotide).

* Il sépare la Crimée, récemment annexée par les Russes, du Kraï de Krasnodar dans le District fédéral du Sud (Russie).

Nous avons remonté la côte européenne, parfois appelée côte rouméliote* sous la surveillance des mouettes.

* Du nom de l’ancienne Roumélie qui réunissait l’ensemble des possessions européennes des Balkans (du vieux mot turc « balkan » qu’on peut traduire par « montagne escarpée et boisée ») de l’Empire Ottoman. En turc, Rumeli signifie, littéralement, la « terre des Grecs » (des Rûm), mais est employé aussi pour désigner la « terre des Romains », c’est à dire l’Empire romain d’Orient.

Les dernières images que l’on retient de la rive européenne d’Istanbul sont celles de l’immense Palais de Dolmabahçe (Dolmabahçe Sarayı) et de sa Tour de l’Horloge (Dolmabahçe Saat Kulesi, à gauche) dans le quartier de Vişnezade (district de Beşiktaş).

Après avoir mis le cap sur l’Asie en direction d’Üsküdar, nous avons croisé un imposant porte-conteneurs. Au moment où on commençait à apercevoir la Tour de Léandre (Kız Kulesi), la proue du navire est apparue.

Il se dirigeait vers le Pont du Bosphore* (Boğaziçi Köprüsü), que l’on distingue à l’horizon, et la Mer Noire.

* C’est le premier pont construit sur le Bosphore, en 1973. En 2016, il a été renommé Pont des Martyrs du 15-Juillet (15 temmuz Sehitler Köprüsü). Il relie Ortaköy (District de Beşiktaş) sur la rive européenne, au quartier de Beylerbeyi (District d’Üsküdar) sur la rive asiatique.

Nous sommes finalement passé au large de la tour et du quartier de Salacak, dont elle fait partie, avant d’arriver en face de la Place Üsküdar (Üsküdar Meydanı) située à proximité du terminal de ferry, dans le quartier de Mimar Sinan. En arrière-plan on voit la Mosquée Yeni Valide (Yeni Valide Camii – Mosquée Valide Neuve).

Précédemment : Bazars d’Istanbul

A suivre : Yerebatan Sarnici, la Citerne Basilique d’Istanbul

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