
A l’entrée du Port d’Honolulu*, Aloha Tower (située à Downtown) au sommet de laquelle flottent les drapeaux américain et hawaïen, accueille les visiteurs qui descendent des bateaux de croisières en leur souhaitant la bienvenue : Aloha
* Dans la Baie de Māmala
Photos Nathalie Donadille, juillet 2014

Etymologiquement, aloha provient des racines alo (présence, visage, face-à-face) et ha ([divin] souffle, respiration) et signifie littéralement présence de la respiration divine.
On pourrait le traduire par respiration de l’être, source ou souffle de vie, ou encore, force qui maintient l’existence.
Dans la langue hawaïenne, Aloha est utilisé indifféremment pour dire bonjour ou au revoir. Mais le mot exprime également la gentillesse, la considération, l’affection réciproque, le don qui n’attend rien en retour.
A Hawaï, l’esprit Aloha, intimement lié au mana* des polynésiens, est une véritable philosophie de vie qui prône le respect de l’autre, d’où le surnom de l’archipel, Aloha State ainsi qu’il est indiqué sur les plaques d’immatriculation des véhicules.
* « Mana » peut se traduire littéralement par « pouvoir » pris dans son acception de « pouvoir surnaturel ». C’est l’énergie vitale, la force spirituelle qui nous entoure.

De même, il est même inscrit dans la loi hawaïenne :
« Le législateur, le gouverneur, le vice-gouverneur, les directeurs de chaque département, le ministre de la Justice, les présidents de tribunaux, les juges de tous les niveaux de tribunaux peuvent contempler et s’imprégner de cette force de vie et prendre en compte l’esprit Aloha ».
« Chaque personne doit penser et transmettre de bons sentiments envers autrui ».

Aloha Tower (56 m), terminée en 1926, fut la plus haute tour de l’Ile d’Oahu pendant 40 ans.
Elle abritait un observatoire et une station de surveillance pour les pilotes du port, son phare, aujourd’hui inactif, était visible à 15 miles en mer et son horloge était l’une des plus grandes des Etats-Unis.
Une sorte de mât est édifié à son sommet, soutenu par des haubans dont l’un supporte les drapeaux respectifs du pays et de l’état.

A l’instar de la culture hawaïenne qui est connue pour son usage des symboles et des significations nombreuses, le drapeau hawaïen, Ka Hae Hawai’i – dont la première version initiée par le roi Kamehameha Ier (le Grand) date de 1816 – ne déroge pas à la règle.
Il symbolise, à la fois, le Royaume d’Hawaii formé en 1795*, la République d’Hawaii créée en 1893, son précédent statut en tant que territoire des Etats-Unis mis en place à partir de 1898 et son nouveau statut de membre des Etats-Unis acté le 21 août 1959 (50e état).
* Ce n’est en fait qu’en 1824 que toutes les iles seront réunies.

Le drapeau actuel adopté en 1845 serait un compromis, mais rien n’est moins sûr, entre les drapeaux britannique et américain : il comporte 8 bandes blanches, rouges et bleues représentant les 8 iles principales de l’archipel (Hawaï, Oahu, Kauai, Kahoolawe, Lanai, Maui, Molokai et Niihau) et l’Union Jack, en haut à gauche, rappelant l’époque où le royaume hawaïen se considérait comme un protectorat du Royaume-Uni (de 1794 à 1843).
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