
Sur le versant sud du Mont Lozère*, Les Bouzèdes** dominent le vallon de l’Homol qui plonge sur Génolhac*** , le village de mon enfance en Pays Cévennes
* Situé, à la fois, dans les Causses et Cévennes (Patrimoine mondial de l’Unesco), le Parc national des Cévennes, le site Natura 2000 Les Cévennes et le Grand Site Occitanie Cévennes
** Commune de Vialas, Des Cévennes au Mont Lozère, Lozère
*** Alès Agglomération, Gard
Photos Bertrand Donadille, 4 mars 2021


Nous avons effectué la randonnée au départ du Mas de la Barque (extrémité nord de la commune de Vialas*), une station de pleine nature située un peu plus haut, au pied du Pic Cassini (1680 m – deuxième sommet du Mont Lozère et des Cévennes après le le Sommet de Finiels, 1699 m).
Après avoir quitté la Forêt domaniale du Mont-Lozère, nous avons traversé des pâturages et longé le vallon où coule le ruisseau l’Homol** (la crête boisée au sommet de l’autre versant est sur la commune de Génolhac) avant d’apercevoir le hameau des Bouzèdes.
* C’est de cette commune, au lieu-dit Les Hortals, que ma famille paternelle est originaire.
** Il prend sa source au Pré de la Dame, quelques kilomètres en amont, avant de se jeter dans la Cèze, à cheval sur les communes de Sénéchas et du Chambon, au bout de 20 km.



Les lieux sont déserts en hiver. Seuls les ancêtres disparus veillent sur les beaux et austères bâtiments aux murs de granite et aux toits en lauze* de l’ancienne ferme des Bouzèdes.
* Pierres plates de schiste, appelées « ardoises » pour les plus fines et « lauzes » pour les plus épaisses.


Il est à signaler deux curiosités dans le hameau.
Tout d’abord, l’aire caladée de battage des céréales qui étaient produites sur place : on y faisait sécher les gerbes qui venaient d’être coupées.
L’endroit ensoleillé et venté favorisait l’éclatement des épis. Le dallage incliné permettait l’évacuation d’eau éventuelle. Après battage, le vent évacuait les résidus des tiges et les enveloppes des grains alors que ces derniers restaient au sol.


Ensuite, en contrebas, au pied de la dernière maison, se trouve l’ancien moulin utilisé pour moudre les céréales.
Un canal d’amenée que l’on peut encore distinguer captait l’eau dans l’Homol plusieurs dizaines de mètres en amont. La nuit, cette eau était stockée dans une petite réserve située contre le moulin avant d’être turbinée dans la journée.


On peut poursuivre la balade le long du ruisseau pour remonter sur le Mas de la Barque si on connait le coin. Mais attention en période de pluie ou de fonte des neiges de ne pas se retrouver au milieu des pâturages gorgés d’humidité, voire des tourbières*.
* Zone humide colonisée par la végétation dont les conditions écologiques particulières ont permis la formation d’un sol constitué d’un dépôt de tourbe : matière organique mal ou non décomposée.

Précédemment : Les Gorges du Chassezac, à la limite du Gard et de l’Ardèche