Yerebatan Sarnici, la Citerne Basilique d’Istanbul

Cette monumentale citerne de près de 9800 m2, édifiée sous l’empereur byzantin Justinien Ier* au VIe siècle, qui pouvait contenir 100 000 m3 d’eau, est quasiment située sous Sainte-Sophie d’Istanbul dont elle est contemporaine

* Justinien le Grand est né vers 482-483 et a régné de 527 jusqu’à sa mort en 565

Photos Nathalie (3-5,8) et Bertrand Donadille (1,2,6,7), 16 février 2019

Yerebatan Sarnici, dans le district de Fatih (Péninsule historique), est un bien protégé du Parc archéologique de Sultanahmet, une des quatre Zones historiques d’Istanbul, Patrimoine mondial de l’Unesco.

Ses 336 piliers de marbre, soit 12 rangées de 28 colonnes, dont celle dite aux yeux de paon ci-dessous, culminent à près 9 mètres de haut.

Son nom provient de l’existence, avant sa construction, d’une basilique à son emplacement.

L’eau était acheminée dans le réservoir par un aqueduc depuis la forêt de Belgrad qui se trouvait à l’époque à 20 km au nord de la ville de Constantinople.

De forme rectangulaire (environ 138 m sur 65 m), ses murs de briques réfractaires de 4 mètres d’épaisseur sont enduits d’un mortier pour l’isolation. Mais un tiers de la citerne à peu près a été muré au XIXe siècle.

Abandonnée après la conquête ottomane en 1453, les anciens Turcs préférant l’eau courante à celle stagnant à l’intérieur, la citerne a été redécouverte par hasard au milieu des années 1540 : un explorateur qui faisait des recherches sur les ruines byzantines a rencontré des habitants qui puisaient de l’eau dans le sol et qui, même mieux, pêchaient dans leur cave.

On trouve encore aujourd’hui des carpes dans le réservoir.

L’édifice est également connu des amateurs de James Bond grâce au tournage d’une scène du film Bon Baisers de Russie (1963) où Sean Connery traverse la citerne en barque comme cela se faisait à l’époque lors des visites.

Tout au bout des passerelles qui permettent de se déplacer sur le site, on peut voir deux colonnes qui reposent sur des têtes de Méduse*, l’une inversée et l’autre sur le côté.

* Je vous invite à lire le mythe

Quelle en est la raison, me direz-vous ?

On ne peut faire que des supputations !

Si les scientifiques pensent que leur placement dans ce sens est volontaire, ils ne connaissent pas, par contre, la signification de cet état.

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