L’hiver, c’est encore plus beau !

Pour profiter pleinement des Baux* de Provence, dans le Parc naturel régional des Alpilles (ou « petites Alpes ») et les 2 Sites Natura 2000 – Les Alpilles**, il est nécessaire de s’y rendre hors saison touristique.

Et quand, en plus, le temps est splendide…

* En provençal, le “bau” ou “baou” est un “rocher escarpé dont le sommet est plat”. Il vient du mot latin “balteus” : gradin circulaire, dans un théâtre (entre autre sens).

** Il y a la Zone Spéciale de Conservation et la Zone de Protection Spéciale

Photos Bertrand Donadille, 12 décembre 2019

Avant de monter dans le village, empruntez le Chemin de Tremaïé qui fait le tour de l’éperon rocheux dominé par les ruines du Château des Baux, classé Monument Historique, avec la Tour Sarrasine, à gauche, et le donjon, à droite.

On se retrouve ensuite au pied du côté ouest de l’éperon, sous la Place Louis Jou

… dominée par l’ancienne mairie, un bâtiment du XVIIIe siècle qui abrite aujourd’hui le Musée des Santons.

On monte alors la Rue de l’Eglise à l’Ancienne Mairie et on pénètre dans l’ancienne enceinte fortifiée par la Porte d’Eyguières.

Jusqu’en 1866, c’était la seule entrée du village.

Cette Porte d’Eyguières est également nommée, Porte de l’eau, car c’est par là que les habitants allaient s’approvisionner à une source dans le Vallon de la Fontaine.

Les armoiries des Grimaldi, seigneurs des Baux depuis 1642, figurent sur la façade depuis le XVIIIe siècle. Le Prince Albert de Monaco a toujours le titre, honorifique aujourd’hui, de Marquis des Baux.

A l’intérieur et attenante à la porte, la Maison dite Porte d’Eyguières (fin du XVIe et début du XVIIe siècle) est en partie inscrite aux Monuments Historiques (porte, élévation et toiture).

En haut de la Rue de l’Eglise à l’Ancienne Mairie, on atteint, à gauche, la Place Louis Jou où se situe cette belle bâtisse Renaissance, dans la ville basse.

A l’opposé, vers le sud, la Rue de la Calade grimpe vers l’Eglise Saint-Vincent ( XIIe siècle – classée Monument Historique) et la Chapelle des Pénitents Blancs ou Chapelle Sainte-Estelle (milieu du XVIIe siècle – Inscrite aux Monuments Historiques).

De l’autre côté de la Place Louis Jou, au centre du village, la Grand Rue rejoint la Rue du Château par laquelle on accède à l’entrée de la forteresse médiévale.

Le Château des Baux ne se trouve pas au sud du village, mais sur son côté oriental.

Depuis l’éperon, on aperçoit sur la gauche, le cimetière situé au-dessus de l’Eglise Saint-Vincent et de la ville basse, et à droite, la forteresse.

Le site de l’éperon des Baux a été occupé dès la Préhistoire, au Néolithique. Plus tard, à l’Age du fer (Protohistoire) les Celtes s’y sont installés construisant un oppidum.

Au milieu du Xe siècle, au sein du Comté de Provence, fief du Royaume d’Arles, l’édification d’un castrum (lieu fortifié, en latin), le Balcium Castrum ou Château de Balcio, a marqué le début de l’histoire des Baux tels que nous les connaissons aujourd’hui. Pons le Jeune ou Pons III d’Arles, est le premier Seigneur des Baux. Mais c’est son fils, Hugues Ier des Baux, le premier à porter le nom, qui est considéré comme le chef de la dynastie.

Sur les hauteurs se trouvent, datant du début du XIIIe siècle, le donjon, appelée également, le château vieux, qui ne sera plus utilisé dès la naissance du XVIe siècle, et la Tour Sarrasine qui protégeait, à l’entrée sud, la Porte de « l’Auro » (« le vent du nord », du latin aura : souffle, air, brise. En l’occurence, le Mistral).

En contrebas, l’Hôpital Quiqueran, construit au XVIe siècle, entre 1542 et 1583, par la volonté de Jeanne de Quiqueran, épouse du gouverneur des Baux de Provence de l’époque, a fonctionné jusqu’en 1787.

A sa gauche s’élève la Chapelle Saint-Blaise (classée Monument Historique) qui remonte au XIIe siècle.

Le moulin à vent a été construit en 1652.

En effet, à la suite du siège et de la victoire en 1632 des troupes de Louis XIII sur des rebelles protestants qui étaient venus s’y réfugier, le roi de France a ordonné le démantèlement du château et de ses fortifications ainsi que des moulins qui existaient jusqu’alors.

La Tour Sarrasine tire son nom de sa position au sud, d’où pouvaient arriver les redoutés Sarrasins.

Depuis l’éperon, on a une vue splendide sur la Vallée des Baux avec ses vignes* et ses oliveraies**, piliers de l’agriculture méditerranéenne, les contreforts des Alpilles et, au loin, la Montagne Sainte-Victoire.

*  Le vin issue du vignoble bénéficie à la fois des labels français, AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) et européen, AOP (Appellation d’Origine Protégée) Les Baux-de-Provence.

** Huile d’olive, Olives noires et Olives cassées de la Vallée des Baux-de-Provence bénéficient de l’AOP.

Post Scriptum

Depuis plus de 45 ans et la première fois où enfant j’ai découvert ce site fantastique, je ne me lasse jamais d’aller faire un tour aux Baux de Provence.

Mais curieusement, je n’en ai que très peu de souvenirs photographiques.

J’ai quand même retrouvé ce cliché (Photo Nathalie Donadille) de septembre 1998 pris un jour de visite du château, qui montre la deuxième basse-cour au niveau de la Tour Sarrasine. C’est ici que vivaient, dans un véritable village, les artisans et les paysans qui travaillaient pour le seigneur. Il y avait aussi le berger et son troupeau ainsi que les écuries.

La première basse-cour, qui était située au pied du donjon, desservait les habitations des nobles, mais également les logements des servantes et des gardes.

Précédemment : Les Carrières de Lumières

A suivre : Van Gogh aux Carrières de lumières

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