
Au pays des Innus du Québec (Canada), l’Estuaire maritime du Saint-Laurent est le domaine des mammifères marins. Au départ de Grandes-Bergeronnes*, de nombreuses excursions en bateau partent en été à leur rencontre.
* Le village de Grandes Bergeronnes fait partie de la municipalité des Bergeronnes, créée en 1999, qui se trouve dans la Municipalité régionale de comté (MRC) de La Haute-Côte-Nord (Région administrative de Côte-Nord de la Province du Québec).
Samuel de Champlain, le « père de la Nouvelle-France« , utilise ce nom dans ses descriptions du lieu en 1626 : « De Lesquemin l’on passe près des Bergeronnettes (les rivières Bergeronnes), qui est à quatre ou cinq lieus, le travers il y a ancrage à demi lieu vers l’eau ».
Aujourd’hui, Lesquemin sont Les Escoumins et les Bergeronnettes sont les rivières Grandes Bergeronnes et Petites Bergeronnes dont les embouchures sont situées dans deux baies qui portent leur nom.
Photos Nathalie Donadille, juillet 1993
L’embarquement s’effectuait, comme aujourd’hui, à la Marina des Bergeronnes située sur la Pointe-à-John, rive gauche de la Baie des Grandes Bergeronnes*.
* Elle fait partie du site ZICO (Zones Importantes pour la Conservation des Oiseaux) Baie des Escoumins et Grandes-Bergeronnes (Au Canada : Zones importantes pour la conservation des oiseaux et de la biodiversité) cogérée par Oiseaux Canada, Nature Canada et Bird Life International.

Et nous voici prêts à partir dans nos combinaisons isothermes, sur notre frêle esquif (ici, un simple zodiac) à la découverte de ces vaisseaux majestueux, véritables sous-marins biologiques (en l’occurrence, ce jour-là, des Rorquals communs) !

Nous avions réservé avec la compagnie des Croisières TGB qui n’existe plus sous cette dénomination. Elle s’appelle aujourd’hui Croisières Essipit à la suite de son rachat, en 1995, par les Entreprises Essipit.
Ces dernières ont été créés par la communauté autochtone innue de la Réserve d’Essipit* située au nord-est de Grandes Bergeronnes dans la localité des Escoumins, un village dont la baie et la rivière qui s’y jette portent le nom.
Pas très loin, à l’embouchure de la rivière Saguenay, Tadoussac, également bordé par sa baie, propose la visite du Centre d’Interprétation des Mammifères Marins (CIMM), une bonne activité complémentaire à une sortie en mer.
* Son nom officiel est Innue Essipit. C’est la réserve de Première Nation des Innus Essipit (Bande Innue Essipit ou Essipiunnuat en langue innue – Innu-aimun – qui signifie « les Innus de la rivière aux coquillages », anciennement appelés Indiens des Escoumins ou Montagnais.
La réserve est située sur leur territoire ancestral, le Nitassinan d’Essipit et est dirigée par son « conseil de bande », le Conseil de la Première Nation des Innus Essipit qui coopère avec d’autres communautés innues au sein du Conseil tribal Mamuitun.
Les Essipiunnuat font partie du peuple des Innus (Innuat au pluriel, « être humain » en langue innue).

Autochtones de la région subarctique du Canada, les Innus sont une des 11 nations des Autochtones du Québec (10 Premières Nations, plus les Inuits). On les a aussi appelé, Montagnais (nom d’origine européenne) ou Naskapis, suivant leur origine géographique. Leur territoire est le Nitassinan.
Ils appartiennent à l’un des deux groupes linguistiques et culturels des Premières Nations, la Famille algonquienne, l’autre groupe étant la Famille iroquoienne.
La gouvernance des Premières Nations québécoises est assurée par l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (Assemblée des Premières Nations – APN – au niveau du Canada).
Quant aux Inuits, qui appartiennent à la Famille linguistique et culturelle eskaléoute, ils ne sont pas reconnus comme des Indiens, au sens de la Loi sur les Indiens, et ne sont donc pas considérés comme une Première Nation. En effet, ils sont arrivés plus tardivement que les autres peuples sur le continent américain.
Le Rorqual commun est la plus rapide des grandes baleines et le deuxième plus grand mammifère marin après la Baleine bleue (ou Rorqual bleu).

Et lorsqu’un spécimen est passé à quelques mètres de notre petite embarcation, même avec une douceur extrême, presque au ralenti, c’était vraiment impressionnant !

En 1998, pour protéger l’écosystème de cette partie de l’estuaire maritime du Saint-Laurent où la diversité végétale et animale est exceptionnelle, le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent a été créé.
Cette Aire Marine Nationale de Conservation (spécificité canadienne) est gérée conjointement par Parcs Canada et la Société des établissements de plein air du Québec (Sepaq).
Adjacent au parc et complémentaire puisqu’il occupe la surface restante de l’estuaire maritime, le Site d’Intérêt (SI) Estuaire du Saint-Laurent a été mis en place par le Canada et le Québec : 7 secteurs de cette zone font l’objet d’un projet d’aire marine protégée.

Bon vent à nos cousins des océans!
A suivre : Mon village acadien
Cet article est très intéressant, varié et bien détaillé. J’ai appris autant sur son environnement que sur l’animal lui-même.
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Merci !
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